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Motivation

Le plan « si, alors » : la petite phrase qui aide à passer à l'action

Décider à l'avance quand et où tu agiras change beaucoup de choses. Ce que montrent les recherches de Peter Gollwitzer, et comment écrire ton premier plan.

Par Nadir - ForgeMe · · 4 min de lecture

Photo : Renáta-Adrienn / Unsplash

« Cette semaine, je m'y mets. » Tu connais cette phrase, et tu sais aussi comment elle finit souvent. Le problème n'est pas ta motivation : c'est que la phrase ne dit ni quand, ni où, ni comment. Un psychologue allemand a passé des années à montrer qu'une petite précision change beaucoup de choses.

Avoir un objectif ne suffit pas

Peter Gollwitzer, professeur de psychologie à l'université de Constance et à New York University, part d'un constat simple : entre vouloir et faire, il y a un fossé. On sait ce qu'on veut, mais on oublie de commencer, on se laisse distraire, ou on retombe dans ses vieilles habitudes.

Sa réponse tient en une structure de phrase, qu'il appelle intention de mise en œuvre : « Si la situation X se présente, alors je fais Y. » Au lieu de « je vais faire du sport », tu décides : « Si c'est mardi et que je sors du travail, alors je vais directement à la salle. »

L'idée est de confier le démarrage à la situation plutôt qu'à ta volonté du moment. Quand le repère arrive, l'action se déclenche presque toute seule.

Ce que montrent les études

Dans un article de 1999 publié dans American Psychologist, Gollwitzer rapporte plusieurs expériences marquantes :

  • Avant les vacances de Noël, des étudiants devaient rédiger un court rapport sur leur réveillon dans les 48 heures suivant l'événement. La moitié avait noté précisément quand et où ils l'écriraient. Résultat : trois quarts d'entre eux l'ont rendu à temps, contre un tiers seulement dans l'autre groupe.
  • Pour des projets difficiles choisis par les étudiants eux-mêmes, deux tiers de ceux qui avaient prévu quand et où commencer les ont menés à bien, contre un quart chez les autres.
  • Pour le sport, une campagne de motivation classique faisait passer de 29 % à 39 % la part d'étudiants qui faisaient au moins une séance d'exercice soutenu de 20 minutes dans la semaine. Quand on y ajoutait un plan « quand et où », la proportion montait à 91 %.

En 2006, Gollwitzer et Paschal Sheeran ont rassemblé 94 tests indépendants dans une méta-analyse. Leur conclusion : former ce type de plan a un effet moyen à fort sur l'atteinte des objectifs. Pour une technique aussi simple, c'est remarquable.

Écrire ton premier plan « si, alors »

Voici comment t'y prendre, en cinq étapes :

  1. Pars d'un objectif précis. « Lire davantage » devient « lire vingt pages par jour ».
  2. Trouve le bon moment. Cherche une situation qui revient de façon fiable : « Si je me mets au lit », « Si je m'assois dans le train le matin ».
  3. Choisis une action concrète et courte. « Alors j'ouvre mon livre », pas « alors je lis beaucoup ».
  4. Écris la phrase en entier. « Si je m'assois dans le train le matin, alors j'ouvre mon livre avant mon téléphone. » La formuler par écrit la rend plus claire et plus facile à retenir.
  5. Teste-la une semaine, puis ajuste le repère s'il ne se présente pas comme prévu.

Prévoir les obstacles

Les plans « si, alors » ne servent pas qu'à démarrer. Ils sont aussi efficaces pour gérer ce qui risque de te faire dérailler. Pense aux deux ou trois obstacles qui te font abandonner d'habitude, et prépare ta réponse à l'avance :

  • « Si je rentre trop fatigué pour la salle, alors je fais dix minutes d'étirements à la maison. »
  • « Si un collègue m'interrompt pendant ma tâche importante, alors je lui propose de repasser dans une demi-heure. »
  • « Si j'ai envie de grignoter devant la télé, alors je me sers un grand verre d'eau d'abord. »

Le plan de secours évite le « tout ou rien ». Tu ne rates pas ta journée, tu bascules simplement sur la version prévue.

Les erreurs à éviter

  • Un repère trop vague. « Si j'ai un moment » ne déclenche rien. Le repère doit être reconnaissable : un lieu, une heure, une action qui précède.
  • Trop de plans d'un coup. Commence par un ou deux. Tu en ajouteras quand ils seront rodés.
  • Une action trop ambitieuse. Le plan t'aide à démarrer, mais si le geste prévu est énorme, la résistance revient au moment de le faire. Rends le premier geste le plus simple possible, quitte à continuer une fois lancé.

Avec ForgeMe

Une tâche ou un rituel avec une heure et un rappel, c'est un plan « si, alors » prêt à l'emploi : le rappel joue le rôle du repère, et l'action est écrite noir sur blanc. Pour un objectif plus large, découpe-le en sous-objectifs et donne à chacun son propre moment, afin que chaque étape ait son déclencheur.

Sources

  1. Gollwitzer, P. M. (1999). Implementation intentions: Strong effects of simple plans. American Psychologist, 54(7), 493-503. doi.org/10.1037/0003-066X.54.7.493
  2. Gollwitzer, P. M. et Sheeran, P. (2006). Implementation Intentions and Goal Achievement: A Meta-analysis of Effects and Processes. Advances in Experimental Social Psychology, 38, 69-119. doi.org/10.1016/S0065-2601(06)38002-1

Écrit parNadir - ForgeMe

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